Gabriële, Anne et Claire Berest

Nous voici cette fois avec un document dont j’attendais aussi beaucoup, espérant le voir sélectionné pour ce mois-ci et que je découvrais avec plaisir. Le fait qu’il soit écrit par des sœurs me plaisait beaucoup, d’autant plus qu’elles sont aussi les arrières-petites filles de Gabriële Buffet-Picabia, qu’elles nous font découvrir.

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Particulièrement adepte des biographies de femmes singulières et très intéressée par la première moitié du XXe siècle, ce livre avait tout pour me plaire et il m’a effectivement beaucoup plu. L’écriture est très agréable et j’ai aimé découvrir cette femme dont je n’avais jamais entendu parler alors que visiblement, son rôle dans l’art a été majeur. La relation qu’elle a avec son mari et les autres artistes qu’elle a inspiré a été pour moi très captivante. Le pari de ces auteures a été très réussi puisque malgré l’écriture à quatre mains, je n’ai vraiment entendu qu’une seule voix. J’ai aussi apprécié le regard objectif qu’elles s’efforçaient de donner au regard des nombreuses sources bibliographiques qu’elles ont utilisé malgré le côté affectif qui a du guider leur démarche.

Ce livre m’aura fait aussi me poser des questions. J’ai ressenti un profond malaise quand j’ai lu à quel point Gabriële pouvait être indifférente à l’égard de ses enfants notamment Vicente à la toute fin du livre. Malaise que je n’ai pas ressenti vis à vis de Francis Picabia qui est aussi parent au même titre après tout. Le manque d’instinct maternel est effectivement un sujet que j’ai eu peu l’occasion d’aborder dans mes lectures et j’ai l’impression que ce tabou est si ancré dans notre société que je n’ai pas pu m’empêcher d’être bien plus dure dans mon ressenti vis à vis de Gabriële que de Francis.

J’ai cherché parallèlement à ma lecture les tableaux et autres œuvres mentionnées (Picabia bien sûr mais aussi les tableaux de Duchamp et de Braque qui évoqués). Tout cela a fait écho à ma lecture de Légende d’un dormeur éveillé et lire les deux ouvrages à quelques jours d’intervalle a été une chance bien que je conçois que ce soit à double tranchant.

Enfin, comme pour De l’ardeur, j’ai beaucoup aimé lire les interventions des auteures au fil du récit, découvrir leurs sentiments à certains passages. Je trouve que cela enrichit la biographie et permet d’ancrer la personne en question dans un contexte vraiment particulier. J’ai aussi beaucoup aimé que les titres des chapitres soient issus des œuvres de Francis Picabia.


En résumé :

  • Les points forts : les passages où les auteures prennent la parole, le style uniforme malgré l’écriture à quatre mains, la découverte de cette femme singulière
  • Les points faibles : j’aurais aimé en savoir plus sur le besoin de mettre cette femme de leur famille en avant, visiblement à contre courant de ce que la principale concernée avait envie
  • Ma note : 8/10
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